POUR PRIER en Carême

Pour entrer ensemble dans la nuit avec la prière des complies

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Avant la fin de la lumière

DP — AELF

Avant la fin de la lumière,
Nous te prions, Dieu créateur,
Pour que, fidèle à ta bonté,
Tu nous protèges, tu nous gardes.

Que loin de nous s’enfuient les songes,
Et les angoisses de la nuit.
Préserve-nous de l’ennemi :
Que ton amour sans fin nous garde.

Exauce-nous, Dieu, notre Père,
Par Jésus Christ, notre Seigneur,
Dans l’unité du Saint-Esprit,
Régnant sans fin dans tous les siècles.

Antienne

Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance.

Psaume : 30 – I

2 En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
garde-moi d’être humilié pour toujours.

Dans ta justice, libère-moi ;
3 écoute, et viens me délivrer.
Sois le rocher qui m’abrite,
la maison fortifiée qui me sauve.

4 Ma forteresse et mon roc, c’est toi :
pour l’honneur de ton nom, tu me guides et me conduis.
5 Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ;
oui, c’est toi mon abri.

6 En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
7 Je hais les adorateurs de faux dieux,
et moi, je suis sûr du Seigneur.

8 Ton amour me fait danser de joie :
tu vois ma misère et tu sais ma détresse.
9 Tu ne m’as pas livré aux mains de l’ennemi ;
devant moi, tu as ouvert un passage.

Antienne

Psaume : 129

1 Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
2 Seigneur, écoute mon appel ! *
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

3 Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ? *
4 Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

5 J’espère le Seigneur de toute mon âme ; *
je l’espère, et j’attends sa parole.

6 Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. *
Plus qu’un veilleur ne guette l’aurore,
7 attends le Seigneur, Israël.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat. *
8 C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.

Parole de Dieu : Ep 4, 30.32

En vue de votre délivrance, vous avez reçu en vous la marque du Saint-Esprit de Dieu : ne le contristez pas. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.

Répons

R/ En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit.

V/ Tu vois ma misère, tu sais ma détresse. R/

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. R/

Antienne de Syméon

Sauve-nous, Seigneur, quand nous veillons ; garde-nous quand nous dormons : nous veillerons avec le Christ, et nous reposerons en paix.

Cantique de Syméon (Lc 2)

29 Maintenant, ô Maître souverain, +
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu le salut
31 que tu préparais à la face des peuples :

32 lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.

Oraison

Seigneur Jésus Christ, dont le joug est facile et le fardeau léger, nous venons remettre en tes mains le fardeau de ce jour, accorde-nous de trouver près de toi le repos. Toi qui règnes pour les siècles des siècles.

Bénédiction

Que Dieu, dans sa toute-puissance,
éloigne de nous le mal,
et nous tienne en sa bénédiction. Amen.

Hymne : Sous l’abri de ta miséricorde

Sous l’abri de ta miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières
quand nous sommes dans l’épreuve,
mais de tous les dangers
délivre-nous toujours,
Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse.

NDA – Au fait, nous sommes qui ?

Un besoin nouveau se fait sentir parmi nous : dire, en quelques mots simples, les « intuitions qui font sens » pour notre petite communauté de quartier.

Nous lançons donc ici une petite consultation populaire ouverte à tous, aux aînés, aux habitués, aux gens de passage dans cette chapelle : pour vous, quels sont les 3-4 points d’attention que nous vivons ensemble et qui donnent du sens à notre communauté ?

Nous rassemblerons toutes les expressions et proposerons une synthèse en quelques lignes avant la fin du Carême. Il ne s’agit pas d’écrire une charte contraignante ou un traité de théologie. Juste quelques intuitions qui expriment ce que nous avons découvert en chemin et qui nous fait vivre, dans notre manière de faire communauté et de suivre le Christ en ce lien.

Je vous propose un préambule pour un tel texte qui pose juste les fondamentaux de notre histoire et de notre situation ecclésiale.

 » La chapelle Notre Dame des Anges (Paris VI) a accueilli depuis 150 ans, plusieurs générations de chrétiens. Etudiants hébergés par les pères Maristes, voisins du quartier et amis de cette congrégation et aussi, désormais, de celle des Assomptionnistes, amis de passage ou arrivés là par hasard, fidèles de la première heure ou ouvriers de la dernière : pour tout ceux-là nous rendons grâce ! Nous célébrons ici régulièrement l’eucharistie, dans la tradition catholique romaine et dans le souffle des appels du Concile Vatican II, mais aussi dans l’attention à accueillir chacun dans sa sensibilité et sa propre expérience spirituelle. Nous aimons aussi nous retrouver pour des concerts musicaux et des expositions, des temps de réflexion, des conférences, des rendez-vous informels. Nous essayons de garder un coeur ouvert à la vie de ce quartier, de notre diocèse et de nos « mondes », pour ne pas rester indifférent aux « joies et aux peines des hommes et des femmes de ce temps ». »

A vos plumes… Merci de laisser vos commentaires ci dessous ou d’envoyer un message à aadoml(arobase)wanadoo.fr

POUR PRIER ensemble en Carême

Pour notre prière commune du temps de Carême, à 20 h 30.

COMPLIES du LUNDI SOIR

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : En toi Seigneur, nos vies reposent

CFC — CNPL

En toi Seigneur, nos vies reposent
Et prennent force dans la nuit ;
Tu nous prépares à ton aurore
Et tu nous gardes dans l’Esprit.

Déjà levé sur d’autres terres,
Le jour éveille les cités ;
Ami des hommes, vois leur peine
Et donne-leur la joie d’aimer.

Vainqueur du mal et des ténèbres,
Ô Fils de Dieu ressuscité,
Délivre-nous de l’adversaire
Et conduis-nous vers ta clarté !

Antienne

Rassemble mon cœur pour qu’il te craigne.

Psaume : 85

1 Écoute, Seigneur, réponds-moi,
car je suis pauvre et malheureux.
2 Veille sur moi qui suis fidèle, ô mon Dieu,
sauve ton serviteur qui s’appuie sur toi.

3 Prends pitié de moi, Seigneur,
toi que j’appelle chaque jour.
4 Seigneur, réjouis ton serviteur :
vers toi, j’élève mon âme !

5 Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
6 écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

7 Je t’appelle au jour de ma détresse,
et toi, Seigneur, tu me réponds.
8 Aucun parmi les dieux n’est comme toi,
et rien n’égale tes œuvres.

9 Toutes les nations, que tu as faites,
   viendront se prosterner devant toi *
et rendre gloire à ton nom, Seigneur,
10 car tu es grand et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

11 Montre-moi ton chemin, Seigneur, +
que je marche suivant ta vérité ;
unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom.

12 Je te rends grâce de tout mon cœur,
Seigneur mon Dieu,
toujours je rendrai gloire à ton nom ;
13 il est grand, ton amour pour moi :
tu m’as tiré de l’abîme des morts.

14 Mon Dieu, des orgueilleux se lèvent contre moi, +
des puissants se sont ligués pour me perdre :
ils n’ont pas souci de toi.

15 Toi, Seigneur,
   Dieu de tendresse et de pitié, *
lent à la colère,
   plein d’amour et de vérité !

16 Regarde vers moi,
prends pitié de moi.
Donne à ton serviteur ta force,
et sauve le fils de ta servante.

17 Accomplis un signe en ma faveur ; +
alors mes ennemis, humiliés, *
verront que toi, Seigneur,
   tu m’aides et me consoles.

Parole de Dieu : 1 Th 5, 9b-10

Dieu nous a destinés à entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ, mort pour nous afin de nous faire vivre avec lui, que nous soyons encore éveillés ou déjà endormis dans la mort.

Répons

R/ En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit.

V/ C’est toi qui nous rachètes, Seigneur, Dieu de vérité. R/

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. R/

Antienne de Syméon

Sauve-nous, Seigneur, quand nous veillons ; garde-nous quand nous dormons ; nous veillerons avec le Christ et nous reposerons en paix.

Cantique de Syméon (Lc 2)

29 Maintenant, ô Maître souverain, +
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu le salut
31 que tu préparais à la face des peuples :

32 lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.

Oraison

Seigneur, tandis que nous dormirons en paix, fais germer et grandir jusqu’à la moisson la semence du Royaume des cieux que nous avons jetée en terre par le travail de cette journée. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Bénédiction

Que le Seigneur fasse resplendir sur nous son visage et nous accorde sa grâce. Amen.

Hymne : Salut, Reine des cieux ! Salut, Reine des anges !

Salut, Reine des cieux ! Salut, Reine des anges !
Salut, Tige féconde ! Salut, Porte du ciel !
Par toi, la lumière s’est levée sur le monde.

Réjouis-toi, Vierge glorieuse,
belle entre toutes les femmes !
Salut, splendeur radieuse :
implore le Christ pour nous.

EAP de Carême

Comme chaque troisième dimanche du mois, nous organisons notre temps de réflexion en « équipe d’animation pastorale » par visio.

Vu nos contraintes horaires de couvre-feu, et pour permettre à chacun de rentrer chez soi (notamment après la messe de 16 h), je vous propose de nous retrouver de 20 à 21 h 30 via l’outil Teams. Si vous ne connaissez pas ce lien, sachez que vous recevrez une invitation et que parmi les options proposées vous choisissez simplement d’ouvrir Teams sur votre navigateur. Pour le reste il suffit de connecter son et vidéo comme pour tout outil de ce genre.

Si vous désirez y participer, merci d’envoyer un message à aadoml(arobase)wanadoo.fr

Au menu :

  • quelques nouvelles de la communauté, nos joies, nos peines, nos questions, nos émerveillements
  • le temps du Carême
  • le lancement des fratries
  • Et ce que « l’affaire Saint Merry » nous donne à penser pour nous-même…
  • et autres sujets nécessaires à venir…

FRATELLI TUTTI – 1/18

Au moment de la sortie de l’encyclique du pape François, nous avions envisagé un temps en faire une lecture continue. Mais l’énergie a manqué. Entre temps, le site Vaticannews.va a rejoint notre intuition.

Voici donc en version audio et au fil des semaines à venir, les différents chapitres de cette encyclique dédié à la question de la fraternité universelle telle que François d’Assise l’avait déjà perçue, et qui est une compréhesion du monde qui résiste au travail de violence, de haine, de séparations qui s’entretiennent dans les conflits, les peurs latentes, les oppositions idéologiques.

N’hésitez pas à partager vos commentaires et découvertes à l’écoute de ce beau texte.

CAREME – Prions ensemble

Parmi les propositions faites pour vivre ce temps de Carême, la communauté de la chapelle NDA suggère de prendre ensemble, à 20 h 30 , un temps pour dire ou chanter l’office des complies.

Un mot pour rappeler ce dont il s’agit. C’est la prière pour entrer dans la nuit qui clôt la journée des communautés religieuses et monastiques qui chantent et prient le bréviaire. Cette prière ne leur est pas réservée. De nombreux laïcs aujourd’hui goûtent aussi cette prière simple et régulière qui vient rythmer la journée.

Comme d’autres temps de ce genre (les laudes pour le matin, les vêpres pour la fin d’après midi), les complies sont construits sur la même structure :

  • une acclamation traditionnelle, reprise d’un psaume = INVITATOIRE
  • le chant d’une hymne, différente pour chaque jour qui invite à accueillir la nuit qui vient, et le repos qui évoque déjà le passage de nos vies vers le Père.
  • le chant ou la méditation d’un ou deux psaumes
  • la lecture d’un extrait de la Parole de Dieu (on peut aussi reprendre un extrait de l’Evangile du jour…)
  • un temps de silence, pour laisser résonner cette Parole en nous
  • le chant d’une antienne (petit verset à répons) ou d’un refrain méditatif (par ex. un chant de Taizé)
  • le chant du Cantique de Syméon, qui reprend les paroles de cet aîné qui a su reconnaître la venue du Messie dans l’accueil d’un petit enfant dans le Temple
  • une prière de conclusion
  • une hymne à Marie, différente suivant les temps liturgiques. C’est ici notamment qu’on peut chanter les hymnes en latin du Salve regina, de l’Alma redemptoris mater, du Regina Coeli etc. Mais on peut aussi simplement chanter un refrain ou un chant à Marie, ou dire la prière du Je vous salue Marie.

On l’aura compris, finalement, c’est une liturgie de la Parole assez simple : acclamation, rumination de la Parole, écoute, expression de la confiance, prière pour lâcher prise et accueillir l’oeuvre de Dieu dans nos vies.

Si vous désirez commencez cette aventure, voici les textes pour le samedi soir. Le chant de l’hymne d’entrée peut s’accompagner d’un geste pour allumer des bougies, évoquant déjà ce que nous vivrons lors de la Vigile pascale pour célébrer la résurrection du Christ. Nous essayerons aussi de réaliser des petits carnets pour ceux qui le désirent et qui seront proposés à la fin des célébrations dominicales très bientôt.

COMPLIES DU SAMEDI SOIR

Introduction

V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
Amen. (Alléluia.)

Hymne : Ferme mes yeux pour revoir tes merveilles

Ferme mes yeux pour revoir tes merveilles
en ce moment que le jour fuit !
Allume dans la nuit
une clarté nouvelle !

Que le silence alentour me console
de la faiblesse de ma foi,
puisque j’écoute en moi
résonner ta parole !

Jusqu’à demain, si se lève l’aurore,
je t’abandonne mon esprit !
Ta grâce me suffit,
c’est elle que j’implore.

Antienne

Pitié pour moi, Seigneur, écoute ma prière

Psaume : 4

2 Quand je crie, réponds-moi,
Dieu, ma justice !

Toi qui me libères dans la détresse,
pitié pour moi, écoute ma prière !

3 Fils des hommes,
jusqu’où irez-vous dans l’insulte à ma gloire, *
l’amour du néant et la course au mensonge ?

4 Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle,
le Seigneur entend quand je crie vers lui.

5 Mais vous, tremblez, ne péchez pas ;
réfléchissez dans le secret, faites silence.

6 Offrez les offrandes justes
et faites confiance au Seigneur.

7 Beaucoup demandent :
« Qui nous fera voir le bonheur ? » *
Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !

8 Tu mets dans mon cœur plus de joie
que toutes leurs vendanges et leurs moissons.

9 Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, *
car tu me donnes d’habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance.

Antienne

Psaume : 133

1 Vous tous, bénissez le Seigneur,
vous qui servez le Seigneur,
qui veillez dans la maison du Seigneur
au long des nuits.

2 Levez les mains vers le sanctuaire,
et bénissez le Seigneur.
3 Que le Seigneur te bénisse de Sion,
lui qui a fait le ciel et la terre !

Parole de Dieu : Dt 6, 4-8a

Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces commandements que je te donne aujourd’hui resteront gravés dans ton cœur. Tu les rediras à tes fils, tu les répéteras sans cesse, à la maison ou en voyage, que tu sois couché ou que tu sois levé.

Répons

R/ En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit.

V/ Tu es le Dieu fidèle qui garde son Alliance. R/

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. R/

Antienne de Syméon

Dieu saint, Dieu fort, Dieu immortel, ta pitié soit sur nous !

Cantique de Syméon (Lc 2)

29 Maintenant, ô Maître souverain, +
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.

30 Car mes yeux ont vu le salut
31 que tu préparais à la face des peuples :

32 lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.

Oraison

Dieu éternel, tu as écouté la prière de ton Christ, et tu l’as délivré de la mort ; ne permets pas que nos cœurs se troublent, rassure-nous dans notre nuit, comble-nous de ta joie, et nous attendrons dans le silence et la paix que se lève sur nous la lumière de la Résurrection. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Bénédiction

(on peut faire lentement un signe de croix sur nos corps que nous confions au repos de la nuit, ou simplement sur le front)

Que le Seigneur nous bénisse,
qu’il nous accorde une nuit tranquille
et nous garde dans la paix. AMEN

Hymne : Ave, Regina cælorum, (XIIe s., hymne traditionnelle du printemps)

Ave, Regina cælorum,
ave, Domina angelorum,
salve, radix, salve, porta,
ex qua mundo lux est orta.

Gaude, Virgo gloriosa,
super omnes speciosa ;
vale, o valde decora,
et pro nobis Christum exora.

Traduction :

Salut, Reine des cieux !
Salut, souveraine des anges !
Salut, tige de Jessé ! Salut, porte
d’où la lumière s’est levée sur le monde !
Réjouis-toi, Vierge glorieuse,
qui l’emportes sur toutes en beauté !
Adieu, ô toute belle,
et prie le Christ pour nous.

SAINT MERRY – Et alors ?

Plusieurs membres de la chapelle restent touchés par ce qui se joue à St Merry, une paroisse parisienne voisine. Nous espérons pouvoir bientôt nous retrouver pour en parler.

Et nous interroger sur notre propre manière de faire Eglise, de donner la place à chacun, de rester un espace d’ouverture, de créativité et d’engagement.

En attendant voici deux commentaires intéressants.

Celui d’Isabelle de Gaulmyn, de L’Hebdo La Croix

Saint-Merry, et après ?

Par Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef, le 20/2/2021 à 06h00

La fermeture par l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, du Centre pastoral Saint-Merry, haut lieu de la catholicité parisienne des années 1980-1990, laisse un goût amer. Un goût de cendres, a-t-on envie de dire en cette semaine de début de Carême. La manière paraît brutale, s’agissant d’une communauté de chrétiens implantée au centre de Paris, à côté de Beaubourg, qui fut aux avant-postes de l’Église pour l’accueil et l’aide aux migrants, l’inclusion des personnes homosexuelles, les liens avec la culture… Cette brutalité s’explique sans doute en partie par la violence des critiques contre le prêtre de quelques paroissiens du Centre, établis là depuis des années, peu disposés à se remettre eux-mêmes en question.Au-delà des histoires de personnes, pourquoi cette fermeture mérite-t-elle qu’on s’y arrête ? Pourquoi suscite-t-elle autant d’émotion ? Car au fond, si l’archevêque n’avait rien fait, ce Centre, dans peu d’années, serait peut-être mort de sa belle mort, faute de renouvellement générationnel, l’équipe en place, vieillissante, n’ayant pas su, ou pu, faire une place à des plus jeunes…Pourtant, oui, la fermeture de ce lieu est grave, parce que c’est un constat d’échec. Un échec que l’on ne peut attribuer, ce serait trop facile, ni à une institution ecclésiale trop autoritaire d’un côté, ni à des paroissiens trop idéologues et indépendants de l’autre. Au fond, on peut se gausser du modèle Saint-Merry, dire que ce catholicisme de gauche, ouvert et parfois un peu trop critique, appartient de toute façon au passé, n’attire plus et n’a donc plus d’intérêt aujourd’hui. Soit. Mais alors, la question est tout de même de savoir ce qui vient après ! Saint-Merry, c’était, de la part de laïcs, une vraie expérience de collaboration et de prise de responsabilité dans la vie d’une communauté et d’une paroisse, un engagement énorme de ces personnes pour faire vivre l’Évangile au-delà de la sacristie, s’investir dans la société, être sensible à ses soubresauts, aller vers les plus fragiles, les plus éloignés de l’Église. C’est ce qui a permis à la paroisse d’offrir un lieu aux marginaux, aux non ou peu croyants, aux plus pauvres, aux migrants, bref, aux fameuses périphéries dont parle le pape François. Ce genre de projets peut-il se développer avec des générations plus jeunes ? On a le sentiment que non. Que le modèle aujourd’hui dominant est celui de paroisses classiquement gérées par des prêtres, avec des laïcs au service mais peu impliqués dans la prise de responsabilité. C’est sans doute plus simple pour tout le monde. Le curé est libre de faire ce qu’il veut. Les laïcs viennent là en simples consommateurs de rite. Le risque, c’est un repli des communautés sur elles-mêmes, uniquement à l’écoute de ceux qui pratiquent chaque dimanche, une frilosité, un fossé qui se creuse entre les paroisses catholiques et la société de plus en plus indifférente. Et au final, une diminution continue du nombre des chrétiens.Est-ce utopique de concevoir l’avenir de l’Église dans une collaboration de laïcs et de prêtres, une collégialité, une communauté où les responsabilités seraient partagées ? Une participation qui permette l’ouverture et la relation avec le monde extérieur. C’est évidemment plus compliqué à concevoir. Mais c’est tout de même l’orientation proposée aujourd’hui au niveau universel par le pape François. Quand il nomme un binôme prêtre-laïc, avec la religieuse Nathalie Becquart, au Synode des évêques, une institution de collégialité de l’Église universelle, c’est bien vers cette coresponsabilité qu’il veut tendre, pour en finir avec un certain cléricalisme où toutes les responsabilités sont aux mains des seuls prêtres. C’était toute la logique conciliaire de Vatican II. Le modèle Saint-Merry n’était pas parfait, évidemment. Mais comment reprendre le flambeau de ce que portent ces chrétiens depuis quarante-cinq ans ? Puisse la crise actuelle obliger chacun à réfléchir à l’héritage de ces chrétiens du seuil.Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef

Et celui de René Poujol, ancien directeur de publication du PELERIN

La fermeture annoncée de cette « vitrine » d’un certain catholicisme d’ouverture serait assurément une profonde erreur. 

Par lettre en date du 7 février, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit a fait connaître au Centre pastoral de Saint-Merry qu’il serait mis fin à la mission qui lui était confiée, à la date du 1er mars. L’annonce a créé un véritable choc. Cette église du cœur de Paris, proche du centre Pompidou, vit depuis 1975 sous une double identité : une paroisse territoriale classique rassemblant les fidèles de l’ancien quartier des Halles-Beaubourg , et un Centre pastoral rassemblant des personnes venues de toute l’Ile-de-France et qui se retrouvent là par affinité et adhésion à un projet. A tort ou à raison, Saint-Merry fait figure de bastion « progressiste » du catholicisme parisien. Il n’en fallait pas davantage pour que l‘annonce de sa fermeture, dans des conditions qui restent confuses, soit dénoncée par certains comme la volonté du diocèse d’en finir avec une forme de pluralisme religieux dans la capitale. Ce qui, d’évidence, serait une profonde erreur ! 
Un lieu de rencontre avec le monde de l’art et de la culture
Le Centre pastoral des Halles-Beaubourg, devenu ultérieurement Centre pastoral de Saint-Merry, est né de l’intuition du cardinal François Marty dans les années d’après  Concile Vatican II. Dans la perspective de l’ouverture prochaine du centre Georges Pompidou (inauguré en 1977) le cardinal souhaitait faire de Saint-Merry, confiée à un groupe de laïcs autour du père Xavier de Chalendar, un lieu de rencontre et de dialogue avec le monde de l’art et de la culture et plus largement avec le monde contemporain. Au fil des ans, le Centre pastoral s’est fait connaître pour la tonalité de ses liturgies dominicales, mais également pour son soutien aux migrants ou réfugiés, sa solidarité avec le Chili sous la dictature militaire mais aussi pour l’accueil de personnes « marginalisées » dans l’Eglise : homosexuels ou divorcés-remariés, précédant les ouvertures pastorales du pape François. 
L’aboutissement d’une longue crise.
Mais il n’était un secret pour personne que, depuis quelques années, la communauté traversait une période de fortes tensions. Coup sur coup, deux des prêtres nommés par le diocèse ont demandé à être relevés de leur charge : Daniel Duigou, ancien journaliste de télévision, prêtre et psychanalyste, proche de Mgr Jacques Gaillot, au bout de trois ans, qui confie volontiers avoir vécu là une « saison en  enfer » et plus récemment, le père Alexandre Denis un an après sa nomination. Dans sa lettre, Mgr Aupetit fait d’ailleurs clairement allusion « à la manière dont un  petit nombre contribuait à bloquer tout processus de discussion libre et combien cela générait un climat dans lequel la charité semblait totalement oubliée. »  L’équipe pastorale semble reconnaître le bien fondé du grief évoqué par l’archevêque de Paris puisqu’on peut lire dans la réponse qui lui est adressée en date du 11 février : « Si certains des membres du Centre pastoral ont pu exprimer avec véhémence leur désaccord avec le P. Alexandre Denis, nous tenons à vous dire que cela ne reflète en rien l’opinion de la majorité de notre communauté. » Regrettant par ailleurs une décision prise dans la précipitation et sans consultation, elle invite à une reprise du dialogue, appuyant sa démarche par une pétition qui demande « le maintien d’un centre pastoral à Saint-Merry ».  (…)
Un soutien inconditionnel… nuancé de quelques questions
L’annonce de la fermeture du Centre pastoral a vite fait le « buzz » sur les réseaux sociaux, dans le monde de la cathosphère. Les réactions qui s’y expriment témoignent le plus souvent d’une forme d’ignorance de la réalité de Saint-Merry – complexe, il est vrai, du fait de ses deux missions – et des causes qui ont pu conduire l’archevêché de Paris à prendre une décision aussi radicale. Pour autant la tonalité générale n’en est pas moins au soutien inconditionnel d’un lieu jugé symbolique d’un « catholicisme d’ouverture », et à l’appel conséquent à signer et faire signer la pétition. (1) Avec parfois, la mise en cause directe d’une volonté de « liquidation d’un trésor encombrant » (Jean-Luc Lecat). L’accusation est reprise dans une note d’info interne : « On peut penser que l’image de l’Église que présente le centre pastoral semble intolérable à l’autorité diocésaine parisienne actuelle. (…) Comment rejoindre ceux et celles qui se sont éloignés et qui pourtant voient en l’Évangile, une source de vie ? » Pour autant, sans contester que la décision puisse poser question, certains commentateurs soulignent le mea culpa implicite du Centre pastoral (2) pour suggérer que la communauté porte vraisemblablement une part de responsabilité dans l’épilogue de cette affaire. Et qu’il serait excessif de n’y voir que l’expression d’une forme de cléricalisme ordinaire dont les laïcs seraient les victimes. Sur Facebook, un observateur (Manuel Achard) écrit : « je veux bien qu’on s’en prenne à Mgr Aupetit, mais lorsque le Conseil pastoral de Saint Merry fait partir deux prêtre aux personnalités clairement pas cléricales, ouvertes sur le monde et très proche des périphéries, on peut quand même s’interroger… Encore plus lorsque ce Conseil reconnaît ses erreurs. »
Héritiers sans partage de l’intuition des fondateurs
Alors, quelle lecture faire ? Il se pourrait que la réponse réside dans ce passage du texte déjà cité de Jean-Luc Lecat : « On peut supprimer tout ce que l’on veut à la communauté du Centre Pastoral, la seule chose vitale pour nous c’est cette rencontre ouverte à qui veut  construite ensemble et célébrer au grand vent de la vie de notre monde. C’est d’abord pour cela que nous venons à Saint-Merry des quatre coins de Paris et de sa banlieue. C’est d’abord cela qui nous a été offert et confié par François Marty, archevêque de Paris, et par Xavier de Chalendar entouré de quelques passionnés, pour permettre à la vie du XXIe siècle de pénétrer dans l’Église et pour offrir à une communauté chrétienne ouverte à tous, en règle ou pas avec les schémas traditionnels, de s’ajuster à  la demande de  nos contemporains, à  leurs attentes à leurs besoins, au langage de notre temps. » « C’est cela qui nous a été offert et confié par François Marty et Xavier de Chalendar… »  Inutile d’aller chercher ailleurs. On doit pouvoir l’écrire sans faux procès : le « noyau dur » de l’équipe d’animation du Centre pastoral est aujourd’hui composé de personnes qui font partie de la communauté de Saint-Merry depuis l’origine et s’estiment dépositaires de son intuition pastorale. A charge pour les prêtres nommés par le diocèse de se l’approprier… ou de se démettre ! Cela me remet en mémoire mes visites au Vatican, au temps où je dirigeais la rédaction de Pèlerin, et où j’ai entendu bien des fois, formulé en ces termes ou plus finement suggéré : « Vous savez, les papes passent, la curie reste ! » 
Un désir manifeste d’apaisement et de dialogue
Il n’appartient pas à l’observateur extérieur de faire la part des torts des uns et des autres. Sans doute les « fidèles » de Saint-Merry, attachés à son projet pastoral d’ouverture, à son histoire, et familiers des messes dominicales n’ont-ils pas pris la juste mesure des problèmes de gouvernance qui, au fil du temps, pouvaient s’être enkystés ! L’électrochoc de la décision épiscopale est venu faire son office. La réponse de l’équipe d’animation du Centre pastoral à la lettre de Mgr Aupetit se termine en ces termes : « Nous pensons essentiel pour la communauté ecclésiale du Centre pastoral comme pour nous de vous rencontrer au plus tôt pour apporter des clarifications sur la justesse de notre projet, lever tous les malentendus sur notre démarche et inscrire les réformes à entreprendre. C’est avec confiance et insistance que nous vous demandons de répondre favorablement à notre demande, si possible dans les jours qui viennent, de façon à être en mesure de répondre à notre communauté qui se sent perdue et manifeste un fort besoin d’être rassurée. » La rencontre doit avoir lieu ce vendredi avec Mgr Benoîst de Sinety, vicaire général,  désigné comme médiateur en cette affaire. Difficile, pour lui, de ne pas mesurer l’enjeu de la décision à prendre ou confirmer. La création du Centre pastoral, en 1975, correspondait profondément au désir, au pari, d’inculturation du catholicisme voulu par le Concile Vatican II. Et cette exigence demeure dans le contexte actuel d’une Eglise en France tentée par une forme de repliement. Le risque, pour les années qui viennent, serait de bétonner ce qui reste de pratique et d’appartenance religieuses, encore fragilisées par les récents confinements, autour d’une seule sensibilité ecclésiale, au détriment d’un pluralisme exigeant. A tort ou à raison, le Centre pastoral de Saint-Merry fait figure de bastion « progressiste » dans un paysage ecclésial parisien plutôt monocolore. Tirer un trait sur son existence serait une profonde erreur, plus même, une faute pastorale ! 
POST SCRIPTUM
Je pense utile au lecteur de remonter ici, en post scriptum, le commentaire déposé à la suite de cet aticle par Pietro Pisarra, responsable de la communication du Centre Pastoral Saint-Merry : Cher René, Un très grand merci pour avoir dit si bien, avec rigueur et clarté, ce qui est en jeu. Oui, il y a eu beaucoup d’erreurs, de rigidités, de maladresses. Ne pas le reconnaître serait une faute encore plus grave, car la seule démarche possible pour des chrétiens est la réconciliation dans la vérité. Mais peut-on pour autant, sans le dialogue nécessaire, tirer un trait sur une expérience bien vivante et un lieu qui, loin d’être monocolore, exprime une variété de sensibilités. « Circumdata varietate », disaient de l’Église les Pères latins, car la variété et la diversité sont constitutives de la « catholicité ». Le Centre pastoral Saint-Merry a essayé de prendre au sérieux l’invitation du cardinal Marty dans sa lettre de mission de 1974 : « Inventez l’Église de demain », rien de moins ! Et l’inventer aussi par de nouvelles formes de coresponsabilité. Or la coresponsabilité est exigeante, très difficile à vivre au quotidien, et encore plus la synodalité à laquelle nous invite le pape François. Elles – la coresponsabilité et la synodalité – ne se font pas sans heurts et demandent une remise en cause permanente, avec la boussole de l’Évangile, l’aide du magistère et « du sensus fidelium », toujours attentifs aux signes des temps. C’est là qu’il y a eu des failles des deux côtés. Mais cela ne justifie pas la décision brutale de l’archevêque. Car l’Église – nous répète sans cesse le pape François – n’est pas pour les parfaits, mais pour les boiteux et les pêcheurs que nous sommes, tous. En ces jours difficiles, une amie a fait circuler ces mots de Tagore. Je sais que l’on peut mettre Tagore dans toutes les sauces, mais cette phrase résume bien la situation : « Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors ». On ne peut s’en sortir que par le dialogue dans la clarté et la vérité. Pietro Pisarra, responsable de la Communication au Centre Pastoral Saint-Merry